Les chenilles processionnaires : un danger discret mais réel
Chaque année, avec le retour des beaux jours, les forêts de pins autour du Lavandou voient réapparaître un hôte indésirable : la chenille processionnaire du pin (Thaumetopea pityocampa). Facilement reconnaissable à ses déplacements en file indienne, cette chenille cache pourtant une menace bien réelle pour la santé humaine, animale et végétale.
Un cycle bien rodé
La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit qui pond ses œufs en été sur les aiguilles des pins. À l’automne, les larves tissent des nids soyeux blancs, suspendus aux extrémités des branches. À la fin de l’hiver ou au début du printemps, elles descendent en file indienne pour s’enfouir dans le sol et entamer leur transformation en papillons.
Des poils urticants redoutables
Ce qui rend la chenille processionnaire dangereuse, ce sont ses poils microscopiques urticants, libérés en cas de menace ou de stress. Ces poils contiennent une toxine qui peut provoquer :
- Chez l’humain : irritations cutanées, réactions allergiques, conjonctivites, voire difficultés respiratoires.
- Chez les animaux, notamment les chiens : des lésions graves sur la langue, la gorge, ou des réactions allergiques pouvant être fatales si le chien lèche ou renifle une chenille.
Une menace pour les forêts
En plus des risques sanitaires, ces chenilles s’attaquent aux pins et cèdres, dont elles dévorent les aiguilles. Les arbres affaiblis deviennent plus sensibles aux maladies et aux autres parasites, compromettant l’équilibre des massifs forestiers, notamment dans les zones sensibles comme le massif des Maures.
- La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopea processionea)
- Elle cible les chênes, notamment le chêne vert (Quercus ilex), le chêne pubescent ou le chêne pédonculé.
- Elle est plus fréquente dans le nord et l’est de la France, mais sa présence progresse vers le sud, notamment avec le réchauffement climatique.
S’attaquent-elles aux chênes verts du Lavandou ?
Pour l’instant, la chenille processionnaire du chêne est peu fréquente sur la côte varoise, où le chêne vert est courant dans la garrigue et le maquis. Mais des cas isolés ont été signalés dans le sud-est, notamment dans des zones plus boisées ou fraîches. Il est donc possible mais rare d’en observer au Lavandou.
À savoir
- Les deux espèces ont des poils urticants et représentent un danger similaire pour l’homme et les animaux.
- Contrairement à celles du pin, les processionnaires du chêne ne forment pas de gros nids visibles ; elles vivent souvent en groupe sur les troncs ou les branches, ce qui les rend plus discrètes mais tout aussi dangereuses.
Que faire ?
- Ne jamais toucher une chenille, un nid ou les zones où elles ont circulé.
- Éviter les promenades sous les pins en période de descente (février à avril).
- Protéger les animaux de compagnie en les tenant en laisse et en consultant un vétérinaire immédiatement en cas de contact.
- Les communes comme Le Lavandou mènent chaque année des campagnes de lutte biologique (pièges à phéromones, nichoirs à mésanges, écopièges) pour réguler la population.
